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Paul Eluard 

La neige sur ma tempe a le froid du linceul

Il faisait ce temps-là lorsque j'appris ta mort 

L'homme dans la douleur sera-t-il toujours seul 

Il neige quand l'hiver va t'envahir le corps

Je ne sais si tu dors dans ton lit de bruyères*

Plus proche chaque soir que ma forêt d'enfance

Le temps n'emporte rien qu'une détresse entière

De ce déchirement dont se fit ton silence

Malgré la neige et la nuit creuse et les regrets 

Ta bonté ne meurt pas elle étend ses ramures

Il faut toujours dis-tu s'élever d'un degré 

La bonté ne meurt pas dans ton chant sans fêlure

Elle court avec toi de terribles chemins 

Elle a pris dans tes yeux la clarté qu'elle porte

Ce bleu de la gentiane et ses racines fortes

Elle tremble comme une étoile au creux des mains

Ils sont pour toi les chants de Ludwig van Beethoven 

Qui ne parlent que d'elle Ils sont pour toi l'iris

En plein vent de Van Gogh et les tournesols jaunes 

La bonté sans mesure est l'eau dont ils fleurissent 

*La tombe de Paul Eluard est couverte de bruyères (novembre 1952) 

L'association "Les ami·e·s de Juliette Darle", ainsi que les ayants droit de Juliette Darle

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