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Portrait de Juliette Darle par le photographe Daniel Frasnay
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Juliette Darle
1921-2013
"La poésie est pour moi un élément existentiel, absolument vital comme la lumière et l'eau. Elle est le soleil incomparable que chaque être humain porte en soi, même ceux qui l'ignorent. Ce qui importe, ce qui me transporte, c'est un réalisme lyrique vécu à la dimension du mythe fondateur. Il faut canaliser des forces, des instincts, des pressentiments, des pulsions obscures, ataviques, et prendre des risques."

Qui était Juliette Darle ?
Juliette Darle, née Juliette Augustine Cafiou le 9 septembre 1921 à Saligny-le-Vif (Cher) et décédée le 16 mars 2013 à Paris, est une figure majeure de la poésie française contemporaine. Profondément attachée au Sancerrois, au Berry et à la Creuse, elle a consacré sa vie à faire sortir la poésie des livres pour la porter vers le public, par la voix, le chant et l’espace public.
Origines et formation
Issue d’une famille de paysans berrichons et de maçons creusois, Juliette Darle grandit dans le Sancerrois, à Humbligny. Son héritage familial est marqué par la figure de son grand-père Jean Cafiou, dont la vie est évoquée dans l’ouvrage Papa Jean, paysan berrichon. Élève brillante, elle entre à l’École normale d’institutrices, puis poursuit des études supérieures à la Sorbonne après s’être installée à Paris.
Enseignante et passeuse de culture
Juliette Darle débute sa carrière comme professeure de français, d’histoire et de géographie à Sancerre, puis au collège d’Aubigny-sur-Nère. Pédagogue novatrice, elle initie ses élèves à l’écriture poétique, à la versification, au théâtre et à la mythologie, tout en développant de nombreuses activités culturelles et artistiques. Son enseignement laisse un souvenir durable à plusieurs générations d’élèves.
Une voix poétique reconnue
Dès le début des années 1950, ses premiers poèmes, publiés chez Seghers, sont salués par Paul Éluard, Blaise Cendrars et Louis Aragon, qui reconnaissent immédiatement la force et l’originalité de sa voix. Refusant le terme de « poétesse », qu’elle juge réducteur, Juliette Darle se définit comme poète, revendiquant une écriture libre, profonde et visionnaire, souvent construite en heptamètres.
Elle reçoit le Prix du Salon de Poésie réservé au jeune poète, décerné par un jury prestigieux, et fréquente les plus grands artistes de son temps : Picasso, Giacometti, Fernand Léger, Tristan Tzara, Jean Lurçat. Elle publie notamment des Entretiens avec Fernand Léger et connaît un grand succès en 1957 avec Léonard et la machine volante, vendu à près de 100 000 exemplaires, notamment au Québec.
La poésie hors du livre : la poésie murale
Visionnaire, Juliette Darle est l’une des pionnières de la poésie murale. Avec son mari, l’écrivain André Darle, elle imagine une poésie visible dans la ville, exposée sur les murs, dans le métro parisien, les musées, les maisons de la culture et les lieux de passage. Ensemble, ils sillonnent la France pour faire vivre la poésie au plus près du public.
Ils créent et animent le magazine Le Temps des poètes, le Festival des poètes en Sologne à Aubigny-sur-Nère, ainsi que le Prix Tristan Tzara, qui révélera notamment Michel Houellebecq au début des années 1990.
Poésie dite, poésie chantée
Convaincue que la poésie doit être dite et chantée, Juliette Darle se produit sur scène avec de nombreux artistes : Serge Reggiani, Catherine Sauvage, Léo Ferré, Jean Ferrat, et collabore longuement avec le guitariste Alain Buci. À la manière des troubadours, elle parcourt la France pour dire ses textes, mêlant voix parlée et voix chantée.
Parallèlement, elle publie de nombreux ouvrages de bibliophilie, associant poésie et arts plastiques, et contribue à faire connaître des artistes et des savoir-faire, notamment les tapisseries d’Aubusson.
Dernières années et héritage
Partageant sa vie entre Paris et Méasnes (Creuse), Juliette Darle reste active jusqu’à la fin de sa vie. En 2003, elle publie son Manifeste pour un vibrato majeur, affirmant la primauté du chant dans l’origine de la poésie. Son dernier poème, La Spirale des nuits, publié à Montréal, est écrit d’un seul jet et demeure comme un ultime chant d’amour.
Juliette Darle repose à Méasnes. Son œuvre compte une trentaine de livres publiés, mais aussi plus de 15 000 poèmes inédits, dont la transmission est assurée par André Darle. En 2018, le Trophée Juliette Darle de la chanson est créé en son hommage, soulignant la vitalité et la modernité de son héritage.
Juliette Darle par Françoise Chandernagor, extrait tiré de l’ouvrage Quand les femmes parlent d’amour : une anthologie de la poésie féminine aux Éditions Cherche Midi :
Descendante d’une famille de maçons creusois, Juliette Darle vécut à Bourges avant de « monter » à Paris pour poursuivre des études à la Sorbonne et publier quelques poèmes. Là bas, elle fit bientôt la connaissance de poètes de tout premier plan Aragon, Éluard et de peintres non moins connus Picasso, Lurçat, Fernand Léger.
Aragon, dans les Lettres françaises, salua avec chaleur la parution, chez Seghers, du premier recueil de Juliette : « Un chant a repris ampleur, que je marquerai ici avec Juliette Darle ». Dès 1956, parut un livre où les poèmes de Juliette alternaient avec des dessins de Picasso. Picasso qui déclarait alors : « Je lis tout ce que publie Juliette Darle. ». Juliette Darle fit également paraître au début des années 1950, un livre d’entretien avec le peintre Fernand Léger et un autre avec Giacometti.
[...] Elle devint, dès 1955, journaliste aux pages Culture de L’Humanité, et y restera par intermittence jusqu’en 1980, sans pourtant adhérer au Parti communiste. Avec son mari, elle eut à cœur de rapprocher la poésie d’un public populaire : ainsi naquit notamment le festival de poésie murale, qui eut lieu pour la première fois dans le métro parisien où l’on put lire pendant quelques semaines des vers et des quatrains peints là où l’on ne voit d’ordinaire que des affiches publicitaires... Elle créa, à Aubigny sur Nère, en Berry, un festival de Rencontres annuelles, où, une fois encore, la poésie murale se trouvait mise à l’honneur dans toute la ville. Elle fonda également le prix littéraire Tristan Tzara, qui dura une vingtaine d’années, et distingua pour la première fois, dès 1992, le jeune Michel Houellebecq.
Parallèlement, et toujours avec le souci d’amener la poésie vers le peuple, elle fit, pendant deux années, une tournée avec le chanteur Serge Reggiani, où les chansons de l’un alternaient avec les poèmes de l’autre et, parfois même, se mêlaient. Juliette Darle professait, en effet, que la poésie devait : « passer de la voix parlée à la voix chantée » ce qui revenait en somme à retrouver l’inspiration des troubadours du moyen âge. Comme ces troubadours d’ailleurs, lorsqu’elle n’était pas dans sa petite maison creusoise où à Aubigny, elle parcourait toute la France à la rencontre du public. Elle continuait aussi à publier, pour des éditions de bibliophilie, des livres d’art où ses poèmes illustraient des œuvres originales de peintres qu’elle admirait.
Contact
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