La répression au métro Charonne de la manifestation du 8 février 1962 est un cas de violence policière qui a lieu autour et dans la station de métro Charonne à Paris, à l'encontre de personnes manifestant contre l'Organisation armée secrète (OAS) et la guerre d'Algérie, faisant finalement neuf morts. En 1964, un hebdomadaire parisien commémorait cet hommage impressionnant en publiant le poème de Juliette Darle. (« France Nouvelle » n°957, du 19 février au 25 février 1964) :
Charonne, 1962
Passent dans le ciel les nuages et le vent
J’entends vibrer l’asphalte à ces milliers de pas
Cette rumeur de mer à l’assaut des brisants
La mort elle-même ne l’arrêterait pas
Sous l’arbre noir où le printemps allait éclore
Le sol est à jamais couleur de votre sang
Cette rumeur de mer à l’assaut des brisants
C’est tout un peuple en deuil qu’a meurtri votre mort
Mon pays cette nuit cueillant toutes ses fleurs
A fait du cimetière un immense jardin
Tout Paris ce matin vous berce de ses pleurs
Tout Paris pour toujours vous a pris par la main
Par les rues dépeuplées il n’est plus de passants
On entend battre ici le cœur de cette ville
Le sol est à jamais couleur de votre sang
Je vois sur les photos vos sourires tranquilles.
En hommage à Louis Chedemois, ancien manifestant de Charonne qui venait de disparaître, la « Chanson de Charonne » a été interprétée pour la première fois à Fursac, au cours du Printemps de Poètes de 2010.